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Interview de Avi Gil
Publié le · Mis à jour le
- Langue originale
- Hébreu
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Dans cet entretien, Avi Gil, ancien secrétaire militaire de Benyamin Netanyahou, décrit les défaillances ayant conduit au 7 octobre et critique la gestion politique de ses conséquences. Il s’appuie sur seize carnets de notes, numérisés et conservés au renseignement militaire, qu’il souhaite remettre à une commission d’enquête d’État.
Les principaux points des deux parties :
- Pourquoi il parle aujourd’hui. Après trois ans de silence, l’absence de commission d’enquête et les appels des familles endeuillées et d’anciens otages l’ont décidé à témoigner publiquement.
- Les avertissements avant l’attaque. Selon lui, Netanyahou avait reçu plusieurs alertes sur l’affaiblissement de la dissuasion israélienne et le risque de guerre. Gil précise toutefois qu’il n’existait pas d’alerte ciblée annonçant une attaque depuis Gaza de la nature de celle du 7 octobre. Il confirme aussi que des opérations ciblées à Gaza avaient été recommandées sans être approuvées.
- La nuit et le matin du 7 octobre. Un officier de son équipe reçoit vers 3 h 55 un message présentant plusieurs éléments comme habituels et décide de ne pas le réveiller. Gil est finalement réveillé à 6 h 12, reçoit des renseignements sur des signes suspects, puis informe Netanyahou après le début des tirs. Vers 6 h 40, sur une ligne sécurisée, il lui annonce que le pays est en guerre.
- Un échec majeur, sans trahison. Gil reconnaît une mauvaise interprétation des renseignements et une défaillance immense des institutions, à commencer par l’appareil sécuritaire. Il rejette les accusations de dissimulation volontaire ou de trahison, qu’il juge mensongères et destructrices pour la société israélienne.
- Des accusations de modification des comptes rendus. Il affirme qu’une demande a été faite pour avancer l’heure de l’appel sécurisé de 6 h 40 à 6 h 29. Il dit avoir alerté la conseillère juridique du gouvernement et recommande aux enquêteurs de consulter les enregistrements originaux. Il estime également que le document rendu public par Netanyahou ne reflète pas fidèlement les discussions auxquelles il a participé.
- La libération des otages. Selon Gil, des accords auraient pu permettre des retours plus précoces et sauver certaines vies. Il affirme que des considérations politiques et la préservation de la coalition ont pesé sur les décisions, au détriment des recommandations des services de sécurité.
- La responsabilité des dirigeants. Gil reconnaît sa propre appartenance au système qui a échoué et affirme que Netanyahou porte lui aussi une responsabilité. Il attribue notamment la catastrophe à l’absence de remise en question et à un sentiment excessif de supériorité militaire et de maîtrise du renseignement.
Son message central est la nécessité d’une commission d’enquête d’État pour établir les faits, examiner les responsabilités et éviter de reproduire les mêmes erreurs.