L'essentiel
Demain, Israël marque les trois ans du 7 octobre, avec une minute de silence dans tout le pays à 6 h 29. À trois semaines du vote, le massacre et ses responsabilités sont devenus l'enjeu central de la campagne, et la sécurité le terrain sur lequel chaque camp se bat.
1. Le 7 octobre dans les urnes
Le sondage de la chaîne 12 publié lundi soir (institut Manu Geva, 501 personnes, marge d'erreur de 4,4 points) montre que deux Israéliens sur trois (66 %) souhaitent une commission d'enquête d'État et que 65 % attribuent à Benyamin Netanyahou une responsabilité substantielle dans l'échec. Le pays reste profondément divisé : 91 % des électeurs de l'opposition le jugent responsable, contre 27 % seulement de ceux de la coalition. Un tiers des électeurs de la coalition disent toutefois que le 7 octobre les a fait reconsidérer leur vote.
Sur l'aptitude au poste de Premier ministre, Gadi Eisenkot devance Netanyahou (41 % contre 38 %), tandis que Netanyahou l'emporte face à Naftali Bennett (41-37) et Avigdor Lieberman (43-26).
2. Ofer Winter sous le seuil, des blocs figés
Présenté la veille comme un possible faiseur de rois, Ofer Winter (Amcha Yisrael) tombe à 1,5 % dans ce sondage, sous le seuil d'éligibilité de 3,25 %, comme dans celui de Kan 11 samedi. Les blocs, eux, ne bougent pas : 49 sièges pour la coalition sortante, 58 pour l'opposition hors partis arabes, 13 pour les partis arabes. Par parti : Yashar 23, Likoud 21, Ensemble 13, Israël Beiteinu 9, Démocrates 9, Judaïsme unifié de la Torah 8, Liste unifiée 8, Shas 7, Otzma Yehudit 7, Sionisme religieux 6, Ra'am 5, Réservistes 4.
3. La carte sécuritaire de Netanyahou
Mardi, Benyamin Netanyahou a affirmé que le Hamas, « parce qu'il est si faible », tenterait de défier Israël avec les restes de ses forces avant l'élection pour l'influencer, et promis une riposte « écrasante ». Le ministre de la Défense Israël Katz a présenté au cabinet un scénario de guerre « courte et puissante » face à l'Autorité palestinienne.
4. L'affaire flydubai : qui devait vérifier l'équipage ?
Le 30 septembre, sur le vol FZ1073 Dubaï–Tel-Aviv, le copilote omanais a attaqué le commandant de bord avec la hache de secours du cockpit et tenté de prendre les commandes. Maîtrisé par l'équipage et des passagers, il n'a pas fait de victime ; l'avion s'est posé en Arabie saoudite. Selon l'agence AP, Oman lui avait interdit de voler en raison de ses opinions extrémistes.
Les Émirats avaient transmis à Israël, avant le décollage, la liste des passagers et de l'équipage. Depuis une loi de 2023, ces données arrivent au centre national d'analyse des données passagers et sont accessibles au ministère des Transports, au Shin Bet, au Mossad et à la police. Depuis une décision de Benyamin Netanyahou en 2025, la sécurité des vols étrangers relève du ministère des Transports. Selon Ynet, celui-ci n'a jamais extrait les données d'équipage ; le Conseil de sécurité nationale l'avait averti l'an dernier qu'il ne remplissait pas ce rôle, et le contrôleur de l'État avait recommandé dès mai 2024 un examen global de la sûreté aérienne.
La ministre des Transports, Miri Regev, affirme que son ministère « n'est pas un organisme de renseignement » et que la vérification des équipages revient aux services, en particulier au Mossad. Benyamin Netanyahou a ordonné un examen complet de la sécurité de l'aviation civile étrangère à destination d'Israël.
5. Accord de voix excédentaires
Le Likoud et le Sionisme religieux ont signé un accord de voix excédentaires : les voix restantes des deux listes, insuffisantes pour un siège complet, seront mises en commun lors de l'attribution des derniers sièges. Les partis ont jusqu'au 16 octobre pour conclure ces accords.