Trump apporte son « soutien complet et total » à Netanyahou, à neuf jours des législatives israéliennes
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Le président américain a publié dimanche 18 octobre, sur son réseau Truth Social, un message de soutien à Benyamin Netanyahou en vue des élections législatives du 27 octobre. Le Premier ministre israélien réclamait ce soutien depuis plusieurs mois. Il arrive alors que les sondages ne dégagent aucune majorité claire, et que la popularité de Donald Trump en Israël a fortement reculé depuis la signature de l'accord avec l'Iran en juin.
Le message est adressé « au grand peuple d'Israël ». Donald Trump y qualifie Benyamin Netanyahou de « grand Premier ministre guerrier » et écrit : « Que cette lettre représente mon soutien complet et total à Bibi Netanyahou dans sa prochaine course à la réélection. » Il lie ensuite ce soutien à la question iranienne : si Israël choisit « le mauvais dirigeant, c'est-à-dire n'importe qui d'autre que Bibi, l'Amérique devra faire ce travail elle-même, et je n'y suis pas enclin ».
Environ sept minutes après la publication, selon le Times of Israel, Benyamin Netanyahou remercie le président américain sur X : « Merci pour le soutien formidable et le travail commun. Ensemble, nous terminerons la mission. » Dans une vidéo en hébreu, il demande aux électeurs d'« écouter » Donald Trump et de « voter pour [lui] ».
Un soutien apporté dans une course encore indécise
Le soutien de Donald Trump intervient alors que les enquêtes d'opinion publiées en Israël ne désignent ni gagnant ni perdant. Selon le sondage Zman Yisrael du 15 octobre, le parti Yashar de l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot obtiendrait 26 sièges à la Knesset, contre 20 pour le Likoud. Le bloc d'opposition totaliserait 54 sièges et le bloc qui soutient Benyamin Netanyahou 49. Aucun des deux camps n'atteindrait les 61 sièges nécessaires pour gouverner. L'issue dépendra donc des alliances conclues après le scrutin. Selon un sondage Maariv du 16 octobre, 48 % des personnes interrogées jugent Gadi Eisenkot plus apte au poste de Premier ministre, contre 41 % pour Benyamin Netanyahou.
La décision marque aussi un changement de position rapide. Le jeudi 15 octobre, trois jours avant son message, Donald Trump déclarait n'avoir « même pas pensé » à soutenir un candidat. En août, le site américain Axios rapportait une scène survenue fin juillet dans le Bureau ovale : Donald Trump avait demandé à Benyamin Netanyahou où il en était dans les sondages, et un conseiller israélien avait répondu à sa place : « Monsieur le Président, il gagne. »
Une décision prise malgré des tensions avec l'entourage du président
Ce soutien intervient dans un contexte de relations tendues entre plusieurs proches de Donald Trump et le Premier ministre israélien. En décembre 2025, au moment des discussions sur le cessez-le-feu à Gaza, un responsable de la Maison-Blanche déclarait à Axios, à propos du vice-président JD Vance, du secrétaire d'État Marco Rubio, de Jared Kushner, de l'émissaire Steve Witkoff et de la cheffe de cabinet Susie Wiles : « Il les a perdus. Le seul qui lui reste, c'est le président. » En août 2026, selon le même média, Donald Trump appréciait Benyamin Netanyahou personnellement mais restait frustré par certaines de ses décisions. Il aurait résumé : « Bibi est son propre pire ennemi. »
L'opposition israélienne avait, de son côté, demandé à Washington de rester à l'écart de la campagne. Selon Axios, des proches de Gadi Eisenkot, de l'ancien Premier ministre Naftali Bennett et du chef de l'opposition Yaïr Lapid avaient fait passer des messages en ce sens. Dimanche soir, sur la chaîne 12, Gadi Eisenkot a confirmé : « J'ai demandé qu'il n'y ait pas d'ingérence dans l'élection intérieure d'Israël. »
Un soutien dont l'effet sur les électeurs reste incertain
Le poids de ce soutien dépendra de l'image de Donald Trump auprès des Israéliens, qui a profondément changé depuis le printemps. Le 28 février 2026, Israël et les États-Unis lancent ensemble une guerre contre l'Iran. Début avril, Washington et Téhéran concluent un cessez-le-feu. Le 17 juin, à Versailles, Donald Trump signe avec le président iranien Massoud Pezeshkian le mémorandum d'accord dit d'Islamabad. Le texte prolonge le cessez-le-feu, prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz et appelle à la fin des opérations militaires israéliennes au Liban.
Les enquêtes menées en Israël mesurent ensuite une chute de la confiance envers le président américain. Selon le Jewish People Policy Institute, la part des Israéliens qui ont « une grande confiance » en lui passe de 34 % en mars à 12 % début juin, après la signature de l'accord. En juin, 66 % des personnes interrogées par l'Institut d'études de sécurité nationale (INSS) jugent le mémorandum préjudiciable à Israël. Pour 69,1 % des sondés de l'Université hébraïque de Jérusalem et de l'institut Agam, la gestion de la guerre par Donald Trump est un « échec » ou « médiocre ».
Ce n'est pas la première fois que Donald Trump intervient dans une campagne israélienne. En mars 2019, quelques jours avant les législatives d'avril, il avait reconnu la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan.
Les autres candidats ont réagi avec prudence. Naftali Bennett, dont le parti arrive troisième dans les sondages, a déclaré dimanche : « Au final, en politique internationale, chaque dirigeant travaille avec celui qui est élu. » Les Israéliens se rendent aux urnes le 27 octobre.
David Benaym
Sources
- Times of Israel — soutien de Trump (angl., 18 oct.)
- Times of Israël en français — soutien de Trump (fr., 18 oct.)
- Times of Israel — vidéo de Netanyahou (angl., 18 oct.)
- Times of Israel — Eisenkot (angl., 18 oct.)
- Ynet — Eisenkot répond à Trump (héb., 18 oct.)
- Middle East Eye — soutien de Trump (angl., 18 oct.)