Résumé
Le président Isaac Herzog a annoncé samedi soir qu'il confiait à Gadi Eisenkot, chef de Yashar, la formation du prochain gouvernement ; la remise du mandat est prévue dimanche 8 novembre à 17h00 à la résidence présidentielle. Le président a informé les deux candidats de sa décision après des entretiens, ce week-end, avec Benjamin Netanyahou et Gadi Eisenkot. Eisenkot, recommandé par 67 députés contre 46 pour Netanyahou, aura 28 jours, prolongeables de 14. « Le temps est venu de former un gouvernement d'urgence nationale », a-t-il écrit. Juste avant, Netanyahou avait appelé à un gouvernement d'« union nationale » incluant tout son bloc et mis en garde contre un gouvernement avec des « soutiens du terrorisme » ; Yashar a dénoncé un discours « hystérique ». Le bloc d'Eisenkot compte 48 sièges : la majorité de 61 dépend des partis haredim ou d'un soutien extérieur, que refuse Avigdor Liberman. (Walla, héb., 7 nov., 21h24 · Ynetnews, angl., 7 nov., 21h46 · N12, héb., 7 nov., 21h23)
Où en est-on ?
Étape : désignation annoncée : Gadi Eisenkot recevra le mandat de former le gouvernement dimanche 8 novembre à 17h00 ; Benjamin Netanyahou reste Premier ministre de transition. (Davar, héb., 7 nov., 21h31)
Prochaine échéance : serment de la 26e Knesset mardi 10 novembre, dans 2 jours. Le mandat d'Eisenkot (jour 0 sur 28) court jusqu'au dimanche 6 décembre ; jusqu'au 20 décembre s'il obtient la prolongation de 14 jours. (Israel Hayom, héb., 7 nov.)
Rapport de forces (résultats officiels, certifiés le 4 nov.) : bloc Netanyahou 53 · bloc Eisenkot 48 · partis arabes 19 · majorité : 61. Recommandations : 67 pour Eisenkot, 46 pour Netanyahou, 7 (Judaïsme unifié de la Torah) pour personne.
1. Depuis la dernière édition publiée
Samedi 7 novembre
Herzog choisit Eisenkot. À la fin du shabbat, la présidence a annoncé que le président Herzog « a l'intention de [lui] confier la tâche de former le gouvernement ». Selon le communiqué, cité par Walla et Haredim10, le président a mené ces derniers jours des entretiens approfondis avec des responsables politiques, « notamment avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou » et avec Gadi Eisenkot, en examinant la capacité de chacun à bâtir une coalition compte tenu des refus mutuels entre partis ; il a informé les deux hommes de sa décision. La cérémonie est fixée dimanche à 17h00 à la résidence présidentielle, à Jérusalem. Eisenkot aura 28 jours, prolongeables de 14 à la discrétion du président (Loi fondamentale sur le gouvernement). Selon Israel Hayom, le premier délai expire le 6 décembre, le 20 décembre en cas de prolongation. (Walla, héb., 7 nov., 21h24 · Haredim10, héb., 7 nov., 21h24 · Israel Hayom, héb., 7 nov. · i24NEWS, fr., 7 nov., 22h00)
Eisenkot : « un gouvernement d'urgence nationale ». Sur X, le chef de Yashar a écrit : « Le temps est venu de former un gouvernement d'urgence nationale. Je ferai tout pour que nous en soyons dignes. » Selon Walla, il a jugé que les consultations donnaient « une image claire, sans double interprétation », répété que 74 députés n'ont pas exprimé leur confiance en Netanyahou contre 46 qui le soutiennent, jugé « dangereux » le maintien d'un Premier ministre de transition et dit vouloir faire prêter serment au gouvernement le plus vite possible. (Davar, héb., 7 nov., 21h31 · Walla, héb., 7 nov., 21h24)
Netanyahou appelle à l'« union nationale ». Dans une vidéo diffusée samedi soir, avant l'annonce du président, Benjamin Netanyahou a proposé pour la première fois depuis le scrutin un gouvernement d'union : « Citoyens d'Israël, c'est un temps d'unité » ; « c'est la volonté du peuple et c'est ce qu'exige l'heure » ; « il n'y a qu'un seul choix : pas le suicide national, mais l'union nationale ». Il réclame un gouvernement de « tous les partis du camp national » et « tous les partis sionistes », sans en exclure les membres de son bloc, et affirme que « certains veulent, dès la semaine prochaine, faire prêter serment à la hâte à un gouvernement avec des soutiens du terrorisme ». Selon le Times of Israel, il avait évoqué avant le scrutin, sur la chaîne 14, un « large gouvernement de droite ». (Ynetnews, angl., 7 nov., 19h54 · Ynetnews, angl., 7 nov., 21h46 · Times of Israel, angl., 8 nov., 00h33 · RT Arabic, ar., 7 nov., 21h31)
Yashar répond : un discours « hystérique ». Le parti d'Eisenkot qualifie l'appel de Netanyahou de « spin pathétique » lancé quand « ses jours au pouvoir sont comptés ». Selon N12 et le Times of Israel, Yashar se dit prêt à accueillir le Likoud s'il rompt avec « les extrémistes », accepte les quatre principes d'Eisenkot et siège sous sa direction ; selon RT Arabic, Eisenkot reproche à Netanyahou d'avoir formé des gouvernements d'union et d'urgence qu'il a toujours « travaillé à saper de l'intérieur ». (N12, héb., 7 nov., 21h23 · Times of Israel, angl., 8 nov. · RT Arabic, ar., 7 nov.)
Le Shas dément vouloir rejoindre Eisenkot. Selon la chaîne 12, citée par le Times of Israel, une source du Conseil des sages de la Torah affirme qu'« il n'existe aucun scénario dans lequel les rabbins du Shas agiraient contre les rabbins du Judaïsme unifié de la Torah » si ces derniers approuvaient un gouvernement Eisenkot. Le Shas parle de « fake news totale » et dit appartenir au bloc de droite ; le Times of Israel précise que ces informations évoquaient une absence d'opposition, pas une entrée au gouvernement. Selon Ynetnews, des responsables du Judaïsme unifié de la Torah estiment qu'« une fois un accord conclu avec Eisenkot », le Shas suivrait. (Times of Israel, angl., 8 nov. · Haredim10, héb., 7 nov. · Ynetnews, angl., 7 nov., 19h54)
Fuites sur des contacts Netanyahou–Eisenkot. Selon la radio publique Kan, citée par le Times of Israel, un proche de Netanyahou, non nommé, affirme que celui-ci discuterait d'une rotation au poste de Premier ministre si des négociations d'union s'ouvraient ; Kan rapporte aussi qu'un émissaire de Netanyahou auprès d'Eisenkot a été « rejeté d'emblée », ce que Yashar dit ne pas connaître. (Times of Israel, angl., 8 nov.)
Golan pose ses conditions aux haredim. Yaïr Golan (Démocrates) se dit ouvert à un gouvernement avec les partis haredim : « Nous ne cherchons pas à punir les haredim », mais il exige le service militaire, l'intégration au marché du travail et la liberté de choix, y compris les transports publics le shabbat : « En aucun cas nous n'offrons un chèque en blanc. » (Ynetnews, angl., 8 nov., 02h20)
Vendredi 6 novembre (non publié jusqu'ici)
Liberman ouvre la porte aux haredim. Avigdor Liberman s'est dit prêt à des compromis, « y compris sur la loi sur la conscription » (« Cela me fait mal »), pour former un gouvernement sans Netanyahou, mais votera contre tout gouvernement dépendant de la Liste unifiée et de Ra'am, et refuse une rotation. Yaakov Asher (Judaïsme unifié de la Torah) salue « la souplesse », sans avoir reçu de proposition concrète ; selon Ynetnews, le bureau de Netanyahou a tenté de dissuader le parti. Itamar Ben Gvir ironise (« Et tout cela en 48 heures… ») ; Yoaz Hendel (Réservistes-l'Économie, sous le seuil) dénonce une « dérobade massive ». Eisenkot annonce des « progrès significatifs » et fixe quatre principes à tout partenaire, dont le service obligatoire pour tous et la reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste. La Liste unifiée demande l'élection d'un nouveau président de la Knesset dès la séance de serment. (Rappel des pages lues le 7 nov. : Israel Hayom, héb., 6 nov. · Walla, héb., 6 nov. · Ynetnews, angl., 6 nov. · Times of Israel, angl., 6 nov. · i24NEWS, ar., 6 nov. · Noovo (AFP), fr., 6 nov.)
Jeudi 5 novembre (non publié jusqu'ici)
Fin des consultations : 67 recommandations pour Eisenkot, 46 pour Netanyahou. Le président a jugé les résultats « en apparence clairs », mais a voulu vérifier qui pouvait réellement former un gouvernement, « compte tenu des exclusions mutuelles ». La Liste unifiée et Ra'am ont recommandé Eisenkot ; le Judaïsme unifié de la Torah, personne. Pour le Likoud, Yoav Kisch réclame « un large gouvernement national » ; Yashar répond que Netanyahou n'a « ni mandat, ni majorité, ni confiance du public ». (Arutz 7, héb., 5 nov., 22h04 · Israel Hayom, héb., 5 nov., 20h16 · Al-Ain, ar., 5 nov.)
2. Les résultats (référence)
Statut des chiffres : résultats officiels, certifiés par la Commission électorale centrale et remis au président le 4 novembre (rappel). Aucun changement, recours ou remplacement lu dans la fenêtre.
- Likoud (Benjamin Netanyahou) : sièges 27 · bloc Netanyahou
- Yashar (Gadi Eisenkot) : sièges 21 · bloc Eisenkot
- Beyachad (Naftali Bennett) : sièges 12 · bloc Eisenkot
- Liste unifiée (Hadash-Ta'al-Balad) : sièges 11 · bloc Partis arabes
- Démocrates (Yaïr Golan) : sièges 8 · bloc Eisenkot
- Ra'am (Mansour Abbas) : sièges 8 · bloc Partis arabes
- Israël Beiteinou (Avigdor Liberman) : sièges 7 · bloc Eisenkot
- Judaïsme unifié de la Torah : sièges 7 · bloc Netanyahou
- Otzma Yehoudit (Itamar Ben Gvir) : sièges 7 · bloc Netanyahou
- Shas (Aryé Dery) : sièges 6 · bloc Netanyahou
- Sionisme religieux-Zehut (Bezalel Smotrich) : sièges 6 · bloc Netanyahou
- Total : 120
- Blocs : Netanyahou 53 · Eisenkot 48 · partis arabes 19 (total 120).
- Sous le seuil (référence) : Réservistes-l'Économie (Hendel-Zelekha), Amcha Israël (Ofer Winter).
3. La formation du gouvernement
Recommandations au président (4 et 5 nov., rappel) :
- Yashar, Beyachad, Liste unifiée, Démocrates, Ra'am, Israël Beiteinou : sièges 21 + 12 + 11 + 8 + 8 + 7 = 67 · recommandation Eisenkot
- Likoud, Otzma Yehoudit, Shas, Sionisme religieux-Zehut : sièges 27 + 7 + 6 + 6 = 46 · recommandation Netanyahou
- Judaïsme unifié de la Torah : sièges 7 · recommandation Personne
- Les deux voies vers 61, selon Ynetnews (8 nov.) : soit un gouvernement minoritaire de 48 sièges soutenu de l'extérieur par Ra'am et éventuellement le Judaïsme unifié de la Torah, que Liberman rejette ; soit le plan de Liberman : 48 + les 13 sièges du Judaïsme unifié de la Torah (7) et du Shas (6) = 61, au prix de concessions sur la conscription. Selon Ynetnews, Liberman juge qu'un gouvernement de 48 sièges n'est pas une option et vise d'abord le Judaïsme unifié de la Torah, puis le Shas, dont le président Aryé Dery n'est pas attendu hors du bloc de droite. (Ynetnews, angl., 8 nov., 02h20 · Ynetnews, angl., 7 nov.)
- Médiation : le maire de Jérusalem Moshe Lion, présenté le 6 novembre par des sources politiques comme intermédiaire entre Liberman et les haredim, a dit à Ynet qu'il était à l'étranger et n'était pas impliqué. (Ynetnews, angl., 8 nov.)
- Pressions : selon la chaîne 13, citée par le Times of Israel, Netanyahou presse le Judaïsme unifié de la Torah de ne pas entrer dans un gouvernement avec Liberman ; aucune réaction du Likoud lue. (Times of Israel, angl., 8 nov.)
- Lignes rouges lues dans la fenêtre : Yashar, quatre principes (État juif et démocratique ; Déclaration d'indépendance ; service obligatoire pour tous ; Hamas organisation terroriste) ; Israël Beiteinou, pas de dépendance à la Liste unifiée et à Ra'am, pas de rotation ; Démocrates, service et emploi des haredim, « pas de chèque en blanc » ; Judaïsme unifié de la Torah, avis des rabbins ; Likoud, gouvernement d'union avec tout son bloc, sans les partis arabes ; Shas, reste dans le bloc de droite.
- Si Eisenkot échoue (procédure, selon le Jerusalem Post) : le président a 3 jours pour confier la tâche à un autre député (28 jours, sans prolongation) ou constater l'impossibilité ; puis 61 députés peuvent demander qu'un député précis soit chargé (21 jours) ; à défaut, dissolution et nouvelles élections, le gouvernement sortant restant en place. (Jerusalem Post, angl., 7 nov., 21h36)
4. Le calendrier
- Dimanche 8 novembre, 17h00 : remise du mandat à Gadi Eisenkot à la résidence présidentielle (jour 0 sur 28).
- Mardi 10 novembre : serment de la 26e Knesset ; demande de plusieurs partis du bloc d'Eisenkot d'élire un nouveau président de la Knesset (rappel, 6 nov.).
- Dimanche 6 décembre : fin du délai de 28 jours ; dimanche 20 décembre en cas de prolongation de 14 jours (Israel Hayom).
- Aucun autre rendez-vous public lu pour les 72 prochaines heures.
5. L'actualité des partis
Yashar (Gadi Eisenkot). Veut un « gouvernement d'urgence nationale » prêté au plus vite ; rejette l'appel de Netanyahou, accueillerait le Likoud sans ses alliés et sous la direction d'Eisenkot. (Davar, héb., 7 nov. · N12, héb., 7 nov.)
Likoud (Benjamin Netanyahou). Appel à un gouvernement d'union de « tous les partis sionistes » ; met en garde contre un gouvernement avec des « soutiens du terrorisme ». Aucune réaction lue à la décision du président. (Ynetnews, angl., 7 nov.)
Shas (Aryé Dery). Dément vouloir rejoindre Eisenkot : « fake news totale ». (Times of Israel, angl., 8 nov.)
Judaïsme unifié de la Torah. Selon Ynetnews, ses responsables pensent que le Shas suivrait un accord avec Eisenkot. (Ynetnews, angl., 7 nov.)
Démocrates (Yaïr Golan). Ouverts aux haredim avec conditions ; « pas de chèque en blanc ». (Ynetnews, angl., 8 nov.)
Israël Beiteinou (Avigdor Liberman). Selon Ynetnews, il juge qu'un gouvernement de 48 sièges n'est pas une option ; négocie séparément avec les haredim. (Ynetnews, angl., 8 nov.)
Beyachad (Naftali Bennett). Silencieux depuis l'annonce de Liberman, selon le Times of Israel. (Times of Israel, angl., 8 nov.)
Sans réaction lue le 7 novembre : Ra'am, Liste unifiée, Otzma Yehoudit, Sionisme religieux-Zehut, Bleu-Blanc, Amcha Israël, Réservistes-l'Économie.
6. Les dossiers à surveiller
- La cérémonie de dimanche : premières déclarations d'Eisenkot et calendrier des négociations. (Walla, héb., 7 nov.)
- Le Judaïsme unifié de la Torah et le Shas : les 13 sièges qui, selon Ynetnews, manquent au plan de Liberman. (Ynetnews, angl., 8 nov.)
- La conscription : point de compromis évoqué par Liberman, principe du service pour tous chez Eisenkot, conditions de Golan. (Ynetnews, angl., 8 nov.)
- L'appel à l'union de Netanyahou et la réponse de Yashar. (N12, héb., 7 nov.)
- Mardi à la Knesset : serment et présidence de la Knesset. (Ynetnews, angl., 6 nov., rappel)
Comment ça marche : être désigné ne veut pas dire gouverner. Le député désigné par le président a 28 jours (plus 14 au plus) pour présenter un gouvernement qui obtienne la confiance de la Knesset. En cas d'échec, le président peut confier la tâche à un autre député ; si personne n'y parvient, la Knesset est dissoute et de nouvelles élections sont organisées. Jusqu'à l'investiture, Benjamin Netanyahou reste Premier ministre de transition. (Jerusalem Post, angl., 7 nov.)
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