Le décompte est terminé, doubles enveloppes comprises :
- 53 sièges pour le bloc de Benjamin Netanyahou,
- 48 pour le bloc de Gadi Eisenkot,
- 19 pour les partis arabes
(décompte complet de la Commission électorale centrale, pas encore officiel : remise au président Herzog le 4 novembre).
Le Likoud gagne un siège (27), Shas en perd un (6). Aucun camp n'atteint 61 sièges.
Le Shin Bet enquête, à la demande du juge Noam Sohlberg, sur des soupçons de financement étranger ; ses informations ne viennent d'aucun parti, précise-t-il. Le Qatar dément.
Le Likoud parle d'élection « volée » et prépare un recours ; Gadi Eisenkot dénonce « une campagne orchestrée ».
Rencontres de l'opposition (Eisenkot, Bennett, Golan, Lapid, Abbas). Liberman : « ni avec Bibi ni avec Tibi ».
Serment de la Knesset le 10 novembre.
Résumé
Le décompte est terminé, doubles enveloppes comprises : 53 sièges pour le bloc de Benjamin Netanyahou, 48 pour le bloc de Gadi Eisenkot, 19 pour les partis arabes. La Commission électorale centrale a achevé jeudi le décompte de 100 % des voix ; les blocs n'ont pas bougé, mais le Likoud gagne un siège (27) au détriment de Shas (6). Ces chiffres ne sont pas encore officiels : ils seront vérifiés puis remis au président Isaac Herzog le mercredi 4 novembre. Aucun camp n'atteint 61 sièges. Le Shin Bet enquête, à la demande du président de la Commission, le juge Noam Sohlberg, sur des soupçons de financement étranger destiné à influencer le scrutin ; il précise que ses informations ne viennent d'aucun parti et qu'il ne faut pas « jeter le soupçon sur tout un secteur ». Le Likoud parle d'élection « volée » et prépare un recours ; Gadi Eisenkot dénonce « une campagne orchestrée » de délégitimation ; le Qatar dément toute ingérence. Côté opposition, Yaïr Golan a rencontré Gadi Eisenkot, Yaïr Lapid et Mansour Abbas (Ra'am), et Eisenkot a vu Naftali Bennett. Avigdor Liberman répète qu'il ne siégera « ni avec Bibi ni avec Tibi ». Selon Ynet et la chaîne 12, un responsable du Judaïsme unifié de la Torah évoque un soutien à Eisenkot en échange d'une loi d'exemption du service militaire ; Yashar n'a pas commenté.
Où en est-on ?
Étape : décompte terminé (100 % des voix, doubles enveloppes comprises) ; vérifications de la Commission avant la publication officielle. (i24NEWS, héb., 29 oct., 19h24)
Prochaine échéance légale : remise des résultats officiels au président Herzog le mercredi 4 novembre, dans 5 jours ; puis consultations et désignation, sous sept jours, du député chargé de former le gouvernement. Serment de la 26e Knesset le mardi 10 novembre, dans 11 jours. (Times of Israel, angl., nuit du 29 au 30 oct.)
Rapport de forces (décompte complet, non encore officiel) : bloc Netanyahou 53 · bloc Eisenkot 48 · partis arabes 19 · majorité : 61. (Globes, héb., 29 oct., 19h53)
1. Les dernières 24 heures
Fin du décompte, blocs inchangés. « La Commission électorale centrale a achevé aujourd'hui (jeudi) le décompte de 100 % des voix, doubles enveloppes comprises », écrit i24NEWS ; le bloc Netanyahou finit à 53 sièges et le Likoud reste le premier parti avec 27 sièges. (i24NEWS, héb., 29 oct., 19h24) Selon le Jerusalem Post, les 19 sièges des partis arabes sont un record. (Jerusalem Post, angl., 29 oct., 19h25)
Un siège passe de Shas au Likoud. À environ 97,3 % des voix, le Likoud a gagné un siège au détriment de Shas, qui tombe à 6 sièges, son plus bas niveau depuis 1992, selon Globes. Dans la nuit et la matinée, le dernier siège arabe avait plusieurs fois changé de main entre Ra'am et la Liste unifiée, avant de rester à Ra'am. (Globes, héb., 29 oct., 15h18 et 10h05) Le site HaMechadesh note que, selon la Commission, « le risque qu'ils changent est faible ». (HaMechadesh, héb., 29 oct., 17h19)
Le Shin Bet enquête sur un financement étranger. Dans une lettre de mercredi, le juge Noam Sohlberg, président de la Commission, a demandé au directeur du Shin Bet, David Zini, d'enquêter sur des soupçons de financement étranger et de corruption électorale, en disant ne pas pouvoir en juger le bien-fondé. (Jerusalem Post, angl., 29 oct., 21h07) Il a demandé des conclusions dans la semaine ; le Shin Bet a informé Benjamin Netanyahou, Gadi Eisenkot et Yaïr Lapid. Selon une source policière citée par Walla, cette enquête est sans lien avec « l'affaire Ra'am » (les arrestations du 27 oct., rappel). (Walla, héb., 29 oct., 17h35) Les médias hébreux évoquent des fonds qataris ; le Qatar dément et juge les accusations « ridicules et dangereuses ». (Times of Israel, angl., 29 oct., 17h33)
La mise au point du Shin Bet. Ses informations « ne viennent pas d'un parti ni d'un acteur politique, d'un côté ou de l'autre » ; « toute déclaration sur le contenu ou la nature des soupçons n'engage pas le Shin Bet, et il aurait fallu s'en abstenir » ; « seuls ceux qui ont enfreint la loi seront poursuivis ». (Israel Hayom, héb., 29 oct., 15h40) Selon Walla, le service précise que l'enquête n'est pas terminée, qu'il ne faut pas jeter le soupçon sur tout un secteur et que ses conclusions iront au président de la Commission, seul compétent pour décider. (Walla, héb., 29 oct., 17h35)
Les réactions. Selon Walla, Benjamin Netanyahou parle d'un « séisme » qu'il appelle « Ra'amgate », répète que l'élection a été « volée » et demande qu'aucun parti sioniste ne coopère avec Ra'am ou la Liste unifiée. (Walla, héb., 29 oct., 17h35) Gadi Eisenkot juge qu'il est « trop tôt pour comprendre ce qui s'est passé, et même si quelque chose s'est passé », demande de laisser les professionnels travailler « sans ingérence politique » et accuse « le Likoud et Netanyahou » d'une « campagne orchestrée et organisée de délégitimation des résultats ». Après avoir rencontré David Zini, Yaïr Lapid affirme qu'il n'y a « aucun risque » pour les résultats et « aucun obstacle » au serment de la Knesset. (Israel Hayom, héb., 29 oct., 15h40) Mansour Abbas (Ra'am) salue l'enquête, nie tout lien avec l'affaire et promet de coopérer ; la Liste unifiée accuse Netanyahou de « tenter de voler l'élection ». (Jerusalem Post, angl., 29 oct., 21h07) Selon i24NEWS en arabe, Bezalel Smotrich a demandé que le Shin Bet interroge les chefs des partis arabes (« L'État d'Israël ne sera pas vendu à l'islam radical avec l'argent du terrorisme »), et Itamar Ben Gvir a appelé à les arrêter « si une base légale existe ». (i24NEWS, ar., 29 oct.)
Le Likoud prépare un recours. Selon des responsables du Likoud cités par Ynet, le parti s'apprête à demander l'annulation des résultats dans les bureaux où il soupçonne de la corruption électorale ou des « moyens illégaux », et un nouveau vote dans ces bureaux ; ce recours ne concerne pas l'enquête du Shin Bet. (Ynet, héb., 29 oct., 12h45) Gadi Eisenkot promet de ne pas laisser « un centimètre d'écart » dans le calendrier du serment de la Knesset. (Times of Israel, angl., 29 oct., 23h03)
Les rencontres de l'opposition. Jeudi, Gadi Eisenkot a rencontré Yaïr Golan (Démocrates), puis Naftali Bennett (Beyachad) chez lui à Ra'anana ; selon leur communiqué commun, ils ont discuté « des moyens de former un gouvernement en Israël le plus vite possible ». Yaïr Golan a aussi vu Yaïr Lapid et Mansour Abbas ; leur communiqué évoque « des moyens de bâtir un partenariat » et un « gouvernement de réparation et de sauvetage ». C'est la première rencontre publique d'Abbas avec un chef du bloc depuis le scrutin. (Davar, héb., 29 oct., 21h47) Selon le Times of Israel, Golan est le seul du bloc à soutenir ouvertement une coalition avec Ra'am ; les autres s'y opposent. (Times of Israel, angl., 29 oct., 19h50)
Liberman : « Ni avec Bibi, ni avec Tibi ». Devant les responsables de ses sections, Avigdor Liberman a déclaré : « Ce que nous avons dit avant les élections est encore plus vrai après. Nous ne siégerons ni avec Bibi ni avec Tibi », et il faut « attendre que la poussière retombe ». Sur Facebook, il ajoute que « la seule coalition envisageable est une coalition composée uniquement de partis sionistes, y compris le Likoud sans Bibi », et appelle les membres du Likoud à se rebeller contre Netanyahou. (Ynet, héb., 29 oct., 11h29)
Le Judaïsme unifié de la Torah évoque Eisenkot. Un « haut responsable » du parti, non nommé, a dit à Ynet que le parti proposera à Gadi Eisenkot son soutien pour la tête du gouvernement, avec pour première condition une loi d'exemption du service militaire : « Nous lui donnons la tête du gouvernement. C'est mieux que d'être numéro 2 ou de revoter. » L'entourage du chef du parti, Yaakov Asher, répond : « Pour l'instant, il n'y a de contacts avec personne. Nous attendrons les résultats et nous nous en remettrons aux grands rabbins. » Ynet rappelle qu'Eisenkot et son bloc se sont toujours opposés à une loi d'exemption. (Ynet, héb., 29 oct., 15h52) Selon la chaîne 12, citée par le Times of Israel, une source du parti dit : « Nous n'obtiendrons rien de Netanyahou » ; Yaakov Asher : « Nous ne parlons pas en ce moment en termes de blocs ». Yashar n'a pas souhaité commenter. (Times of Israel, angl., 29 oct., 22h27)
Le camp Netanyahou. Benjamin Netanyahou et Bezalel Smotrich se sont rencontrés jeudi soir « pour coordonner la suite », selon Ynet, sans autre détail. (Ynet, héb., 29 oct., 22h49) Selon le Jerusalem Post, des proches de Netanyahou, non nommés, poussent l'idée d'un gouvernement avec Eisenkot, Ben Gvir et Smotrich, sans les partis haredim jusqu'au vote d'une loi sur la conscription ; des sources du bloc d'Eisenkot y voient « un suicide total, moral et politique ». (Jerusalem Post, angl., 29 oct., 09h24) Jeudi soir, Eisenkot a redit qu'il n'entrerait pas dans un gouvernement d'union avec Netanyahou. (Times of Israel, angl., 29 oct., 23h03)
2. Les résultats
Statut des chiffres : décompte complet de la Commission électorale centrale (100 % des voix, doubles enveloppes comprises, jeudi 29 oct. au soir). Ce ne sont pas encore les résultats officiels : ils seront vérifiés et remis au président le 4 novembre.
Sous le seuil de 3,25 % : Réservistes-l'Économie (Yoaz Hendel, Yaron Zelekha) 2,72 % et Amcha Israël (Ofer Winter) 1,68 %, selon i24NEWS ; le Times of Israel ajoute le Public haredi (0,2 %). (i24NEWS, héb., 29 oct. · Times of Israel, angl.)
Participation : 77,9 %, avec 5 716 665 votants, selon le Times of Israel citant la Commission (77,7 % annoncés à la fermeture des bureaux). (Times of Israel, angl.)
En voix (décompte de jeudi, 19h20) : Likoud 1 163 385, Yashar 910 673, Beyachad 529 418, Liste unifiée 499 303, Ra'am 335 999 ; 5 671 534 bulletins valides et 25 756 nuls, pour 7 331 981 inscrits, selon Shfa. (Shfa, ar., 29 oct.)
Accords de surplus : aucune information nouvelle lue dans la fenêtre.
Recours : le Likoud prépare une demande d'annulation de certains bureaux (rubrique 1). La loi prévoit un délai de 14 jours après la publication des résultats officiels (voir « Comment ça marche »).
Par rapport à la Knesset sortante (référence, voir l'édition du 29 oct.) : le bloc Netanyahou passe de 68 à 53 sièges, l'opposition sioniste de 42 à 48, les partis arabes de 10 à 19 ; les chiffres de 2026 sont désormais ceux du décompte complet.
2 bis. Analyse : ce que disent les voix
Les sièges ne racontent qu'une partie de l'histoire. Cette analyse compare les voix de 2026 à celles de 2022, liste par liste. Elle s'appuie sur le relevé PourChoisir du jeudi 29 octobre à 18h04 (heure d'Israël), avant validation officielle, établi à partir des chiffres de la Commission électorale centrale via Bakalpi et Globes ; les chiffres de 2022 viennent de l'Institut israélien de la démocratie (IDI). Les totaux et pourcentages calculés sont signalés comme tels. Ces chiffres sont légèrement antérieurs à ceux de 19h20 cités dans la rubrique 2 (par exemple 1 159 791 voix pour le Likoud à 18h04, 1 163 385 à 19h20, selon Shfa) ; les écarts ne changent pas les ordres de grandeur. (Shfa, ar., 29 oct.)
Une règle de trois retrouve les 120 sièges. Les onze listes élues totalisent 5 347 909 voix dans le relevé. Le bloc Netanyahou en a 2 379 887, soit 53,4 sièges à la proportionnelle ; le bloc Eisenkot 2 133 868, soit 47,9 ; les partis arabes 834 154, soit 18,7. Une fois arrondis et ajustés par les accords de surplus, cela donne 53, 48 et 19 (calcul PourChoisir à partir du relevé).
Les sièges, parti par parti (2/8). Relevé du 29 octobre 2026 à 18h04, avant validation officielle. · Photo : Infographie PourChoisir — Commission électorale via Bakalpi ; Globes
Le bloc Netanyahou gagne des voix mais perd du poids. Ses cinq listes passent de 2 304 964 voix en 2022 à 2 379 887 en 2026, soit environ 75 000 voix de plus (+3,3 %, calcul PourChoisir). Mais la participation a fortement augmenté (77,9 % selon le Times of Israel) : la part du bloc dans les suffrages exprimés tombe à environ 42 % en 2026 (2 379 887 sur 5 653 178 voix du relevé, calcul PourChoisir), contre près de la moitié en 2022. À l'intérieur du bloc :
Likoud : 1 115 336 → 1 159 791 (+44 455). Les deux chiffres ne couvrent pas le même périmètre : en 2022, le parti de Gideon Saar se présentait avec Benny Gantz ; en 2026, il est intégré au Likoud.
Shas : 392 964 → 297 889 (−95 075, soit −24 %, calcul PourChoisir). C'est la plus forte baisse du bloc ; le parti passe de 11 à 6 sièges.
Judaïsme unifié de la Torah : 280 194 → 311 473 (+31 279).
Otzma Yehoudit et Sionisme religieux : liste commune de 516 470 voix en 2022 (avec Noam) ; en 2026, listes séparées, 323 800 et 286 934 voix, soit 610 734 ensemble (+94 264). Noam n'est pas inclus dans le relevé de 2026.
Bloc Netanyahou, le détail des voix 2022-2026 (3/8). En 2022, Force juive, Sionisme religieux et Noam se présentaient ensemble ; le parti de Gideon Saar se présentait avec Gantz et est intégré au Likoud en 2026. · Photo : Infographie PourChoisir — Commission électorale via Bakalpi ; Globes ; IDI (2022)
L'opposition se recompose. Les comparaisons portent sur des listes qui ont changé et ne mesurent pas les transferts d'électeurs :
Union nationale de Gantz et Saar (2022) / Yashar (2026) : 432 482 → 907 566 (+475 084). Ce ne sont pas les mêmes listes ; Saar est désormais au Likoud.
L'opposition se recompose (4/8). Listes différentes d'une élection à l'autre : ces comparaisons ne mesurent pas les transferts individuels d'électeurs. · Photo : Infographie PourChoisir — Commission électorale via Bakalpi ; Globes ; IDI (2022)
Les partis arabes : la plus forte progression. À périmètre constant (Hadash-Ta'al, Balad et Ra'am), ils passent de 511 399 voix en 2022 (317 352 pour Hadash-Ta'al et Balad, 194 047 pour Ra'am) à 834 154 en 2026 (498 763 pour la Liste unifiée, 335 391 pour Ra'am) : +322 755 voix, soit +63 % (calcul PourChoisir à partir des chiffres par liste du relevé). Ils passent de 10 sièges dans la Knesset sortante à 19.
Partis arabes (5/8). Correction : le total 2022 est de 511 399 voix (317 352 + 194 047) et non 512 664 ; la hausse est donc de 322 755 voix (+63,1 %) et non de 321 490 (+62,7 %). · Photo : Infographie PourChoisir — Commission électorale via Bakalpi ; Globes ; IDI (2022)
Moins de voix perdues sous le seuil. En 2022, 417 400 voix (8,8 % des suffrages valides) étaient allées à des listes sous le seuil de 3,25 %, selon l'IDI. Dans le relevé de 2026, Réservistes-l'Économie obtient 153 674 voix (2,72 %) et Amcha Israël 94 655 (1,67 %) ; avec les autres petites listes, 305 269 voix (5,4 %) ne participent pas à l'attribution des sièges.
Le seuil change aussi la donne (7/8). Précision : le total de 305 269 voix comprend aussi les autres petites listes (56 940 voix) ; les deux listes citées totalisent 248 329 voix. · Photo : Infographie PourChoisir — Commission électorale via Bakalpi ; Globes ; IDI (2022)
Attention à la comparaison 68 → 53. Le passage de 68 à 53 sièges pour le bloc Netanyahou compare la Knesset sortante, telle que composée à sa dissolution (Tikva Hadasha comprise), aux résultats de 2026 ; ce n'est pas la comparaison des sièges remportés lors des deux élections. L'analyse initiale attribuait à Saar 144 161 voix de 2022 au prorata de ses élus : c'est une estimation, ses électeurs n'ayant pas eu de bulletin séparé. On ne peut pas mesurer un transfert de voix à partir des seuls changements de partis.
68 → 53 : attention à la comparaison (6/8). L'attribution de 144 161 voix de 2022 à Gideon Saar est une estimation au prorata de ses élus. · Photo : Infographie PourChoisir — Commission électorale via Bakalpi ; Globes ; IDI (2022)La bataille des coalitions commence (8/8). Relevé du 29 octobre 2026 à 18h04, avant validation officielle. · Photo : Infographie PourChoisir — Commission électorale via Bakalpi ; Globes ; IDI (2022)
3. La formation du gouvernement
Aucune consultation officielle n'a encore eu lieu : le président Herzog recevra les listes après la remise des résultats officiels, le 4 novembre. Il n'y a donc pas encore de recommandations au président. Ce qui se dessine, d'après les déclarations lues :
Le camp Netanyahou (53). Rencontre Netanyahou–Smotrich jeudi soir. (Ynet, héb.) Le Likoud demande qu'aucun parti sioniste ne coopère avec Ra'am et la Liste unifiée. (Jerusalem Post, angl.) Des proches de Netanyahou évoquent un gouvernement avec Eisenkot, sans les haredim au départ, selon le Jerusalem Post ; Eisenkot ne s'est pas montré ouvert à cette idée. (Jerusalem Post, angl.) Il manque 8 sièges à ce bloc.
Le camp Eisenkot (48). Série de rencontres jeudi (Golan, Bennett, Lapid). (Davar, héb.) Gadi Eisenkot annonce des propositions de loi sur le service militaire ou civique pour tous, une commission d'enquête d'État sur le 7 octobre et une réforme budgétaire, à soumettre au vote dès la réunion de la Knesset, et exclut un gouvernement d'union avec Netanyahou. (Times of Israel, angl.) Ses quatre conditions pour entrer dans son gouvernement (reconnaître Israël comme État juif et démocratique, la Déclaration d'indépendance, l'obligation de service, le Hamas comme organisation terroriste à détruire) ne sont remplies, selon lui, par aucun parti haredi ou arabe, rappelle Ynet. (Ynet, héb.) Il manque 13 sièges à ce bloc sans les partis arabes.
Israël Beiteinou (7). Ni Netanyahou ni les partis arabes ; une coalition « uniquement de partis sionistes, y compris le Likoud sans Bibi ». (Ynet, héb.)
Le Judaïsme unifié de la Torah (7). Un responsable non nommé évoque un soutien à Eisenkot contre une loi d'exemption ; l'entourage de Yaakov Asher dit qu'il n'y a pas de contacts et que les rabbins trancheront ; Yashar ne commente pas. Selon Israel Hayom, cité par le Times of Israel, le parti et Shas consulteront leurs autorités rabbiniques avant de choisir qui recommander. (Ynet, héb. · Times of Israel, angl.)
Les partis arabes (19). Ra'am a discuté avec Yaïr Golan d'un gouvernement dirigé par Eisenkot, selon la chaîne 12 citée par Davar ; Mansour Abbas doute toutefois qu'un gouvernement minoritaire soutenu par les partis arabes voie le jour, selon le Times of Israel. (Davar, héb. · Times of Israel, angl.)
Postes évoqués : aucune fuite attribuée sur des ministères n'a été lue dans la fenêtre.
4. Le calendrier
Cette semaine : conclusions du Shin Bet attendues par le juge Sohlberg « dans la semaine qui vient ». (Walla, héb., 29 oct.)
Dimanche 1er novembre : Yaïr Golan espérait avoir rencontré tous les chefs de l'opposition d'ici là (rappel, Times of Israel, 29 oct., 03h15). (Times of Israel, angl.)
Mercredi 4 novembre : remise des résultats officiels au président Herzog, après les vérifications. (Times of Israel, angl. · Anadolu, fr., 29 oct.) Puis consultations des listes et désignation, sous sept jours, du député chargé de former le gouvernement (28 jours, prolongeables de 14).
Mardi 10 novembre : serment de la 26e Knesset et élection de son président. (Times of Israel, angl.)
14 jours après la publication officielle : date limite des recours électoraux devant le tribunal de district de Jérusalem. (Times of Israel, angl., 29 oct.)
5. L'actualité des partis
Ce que chaque parti a dit ou fait dans les dernières 24 heures. Les chiffres de sièges sont dans la rubrique 2.
Likoud (Benjamin Netanyahou). Netanyahou parle de « Ra'amgate » et d'élection « volée », et demande qu'aucun parti sioniste ne coopère avec les partis arabes ; le parti prépare un recours contre des bureaux suspects et dit avoir transmis des éléments visant le Qatar et la Turquie. (Walla, héb. · Ynet, héb. · Israel Hayom, héb.)
Yashar (Gadi Eisenkot). Dénonce une « campagne orchestrée » de délégitimation, appelle « au calme et à la retenue » (« Soyez patients, il y a de l'espoir. Je vous en donne ma parole ») et annonce ses premières propositions de loi. (Times of Israel, angl.)
Beyachad (Naftali Bennett). A reçu Gadi Eisenkot à Ra'anana ; communiqué commun sur la formation d'un gouvernement « le plus vite possible ». Yaïr Lapid, après sa rencontre avec le directeur du Shin Bet : « aucun risque » pour les résultats. (Davar, héb. · Israel Hayom, héb.)
Démocrates (Yaïr Golan). Trois rencontres jeudi, dont la première avec Mansour Abbas ; Golan a demandé à Eisenkot de ne pas exclure un partenariat avec les partis arabes. (Davar, héb. · Ynet, héb.)
Israël Beiteinou (Avigdor Liberman). « Ni avec Bibi ni avec Tibi » ; appelle les membres du Likoud à se rebeller contre Netanyahou. (Ynet, héb.)
Sionisme religieux (Bezalel Smotrich) et Otzma Yehoudit (Itamar Ben Gvir). Smotrich a rencontré Netanyahou et demandé l'audition des chefs des partis arabes par le Shin Bet ; Ben Gvir appelle à leur arrestation « si une base légale existe ». (Ynet, héb. · i24NEWS, ar.)
Judaïsme unifié de la Torah. Un responsable évoque un soutien à Eisenkot contre une loi d'exemption ; Yaakov Asher dit ne pas raisonner « en termes de blocs ». (Ynet, héb. · Times of Israel, angl.)
Ra'am (Mansour Abbas). Salue l'enquête du Shin Bet et nie tout lien ; son numéro 2, Yoav Segalovitz, demande une enquête rapide et rappelle que l'intégrité du scrutin est « une pierre angulaire de la démocratie ». A rencontré Yaïr Golan. (Walla, héb. · Davar, héb.)
Liste unifiée. Accuse Netanyahou de « tenter de voler l'élection » et dénonce une campagne contre la légitimité du vote arabe. (Jerusalem Post, angl.)
Sans réaction lue dans la fenêtre : Shas (hors son recul à 6 sièges), Réservistes-l'Économie et Amcha Israël (sous le seuil), Bleu-Blanc.
6. Les dossiers à surveiller
L'enquête du Shin Bet. Ses conclusions iront au juge Sohlberg, seul compétent pour décider ; le Shin Bet la dit « ciblée ». (Walla, héb.)
Le recours du Likoud. Il ne pourra être déposé qu'après la publication officielle et ne sera examiné que s'il peut changer le résultat ; un recours ne retarde pas le serment de la Knesset. (Times of Israel, angl.)
Le choix des partis haredim. Leurs recommandations au président, décidées par leurs rabbins selon Israel Hayom, peuvent compter double avec un bloc à 53 et l'autre à 48. (Times of Israel, angl.)
La place de Ra'am. Seul Yaïr Golan soutient ouvertement une coalition avec ce parti au sein du bloc d'Eisenkot. (Times of Israel, angl.)
Liberman. Son exigence d'un « Likoud sans Bibi » ferme pour l'instant les deux options sur la table. (Ynet, héb.)
Comment ça marche : les recours électoraux. Selon la loi électorale de 1969, un recours contre les résultats doit être déposé dans les 14 jours qui suivent leur publication officielle, devant le tribunal de district de Jérusalem (tribunal administratif). Peuvent le déposer les partis qui se sont présentés, les députés sortants et les membres des commissions électorales. Le tribunal ne l'examine que si les faits allégués peuvent changer le résultat. Il peut annuler les votes de certains bureaux, voire de tout le pays, mais n'a jamais annulé une élection entière ; il n'a ordonné qu'une seule fois un nouveau vote, dans trois bureaux, en 1988, sans effet sur le résultat. Un appel devant la Cour suprême est possible sous 30 jours. Un recours ne retarde ni les travaux ni le serment de la nouvelle Knesset. (Times of Israel, angl., 29 oct., 17h33)
Vrai ou faux : « L'enquête du Shin Bet va retarder l'installation de la Knesset ».Faux, à ce stade. Le serment reste prévu le 10 novembre ; un recours électoral ne le retarde pas, selon la loi décrite par le Times of Israel, et Yaïr Lapid dit, après avoir rencontré le directeur du Shin Bet, qu'« aucun obstacle » ne s'y oppose. Le Shin Bet présente son enquête comme « ciblée ». (Times of Israel, angl. · Israel Hayom, héb.)
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