Les accords sur les voix excédentaires, expliqués
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Élections à la Knesset du 27 octobre 2026 · Date limite des accords : vendredi 16 octobre 2026
Le problème
Les sièges de la Knesset sont répartis proportionnellement entre les listes qui franchissent le seuil de 3,25 %. Les voix des autres listes ne comptent pas. Pour les listes qualifiées, la répartition laisse des restes de voix qui ne suffisent pas à faire un siège entier.
La règle Bader-Ofer (1973)
Elle porte le nom de deux anciens députés, Yohanan Bader (Gahal) et Avraham Ofer (Alignement). Le calcul se fait en deux temps :
- Sièges entiers. On divise le total des voix valides des listes qualifiées par 120 pour obtenir le coût d'un siège. Chaque liste reçoit autant de sièges entiers que ce coût tient dans ses voix. Il reste quelques sièges à distribuer, par exemple six en 2006 et sept en 2003.
- Sièges restants. On calcule pour chaque liste ses voix divisées par (ses sièges + 1), le « modèle de liste ». La liste au résultat le plus élevé reçoit un siège de plus, puis on recalcule, jusqu'à 120. La méthode avantage mécaniquement les grandes listes.
Où interviennent les accords
Deux listes qui signent un accord sont traitées comme une seule liste, donc plus grande, pour l'attribution des sièges restants. Si la paire en gagne un, il va à celle des deux dont le modèle est le plus élevé, calculé par la même formule. Les conditions sont les suivantes :
- Une liste ne peut signer qu'avec une seule autre. L'accord est déclaré à la Commission électorale centrale.
- Si l'une des deux n'atteint pas le seuil, l'accord devient sans effet. L'autre liste est alors comptée comme si elle n'avait jamais signé.
- Un accord ne garantit rien. Il augmente seulement les chances d'obtenir un siège en plus. En 2020, par exemple, le Likoud et Yamina en ont gagné un grâce à lui.
Les accords signés en 2026 (état des informations)
- Camp du changement : le 10 septembre, les quatre partis centraux se sont répartis en deux paires. Yashar (Eisenkot) a signé avec Les Démocrates (Golan), et Ensemble (Bennett) avec Israël Beiteinou (Lieberman). Selon des analystes, Eisenkot aurait préféré s'associer à Israël Beiteinou.
- Bloc Netanyahou : Shas et Judaïsme unifié de la Torah ont signé, avec une promesse de coopération dans la prochaine Knesset. Le Likoud a signé le 6 octobre avec le Sionisme religieux (Smotrich) et Zehut.
- Partis arabes : Hadash-Ta'al et Ra'am ont signé, avec l'objectif affiché qu'aucun vote arabe ne soit perdu.
- Otzma Yehoudit (Ben Gvir) : il accuse le Likoud d'avoir refusé de signer et a lui-même écarté tout accord avec Winter. D'après Ynet, c'est la seule liste du bloc Netanyahou sans accord. Les accords éventuels de Winter (Amcha Israël) et de Hendel (Réservistes-l'Économie) n'ont pas été confirmés.
Technique ou politique ?
Avant tout technique, avec une lecture politique possible. Les listes s'associent en général avec un partenaire du même bloc, car l'objectif est de maximiser les sièges de ce bloc. Mais un accord devient vite un argument de campagne :
- Smotrich et le Likoud ont attaqué l'accord Yashar–Démocrates. Selon eux, voter Eisenkot reviendrait à faire entrer Golan au gouvernement, et le Likoud a appelé Eisenkot à l'annuler.
- Otzma lit le refus du Likoud comme une manœuvre pour l'écarter d'un futur gouvernement d'union avec Eisenkot.
- Hendel a proposé à Winter de lier l'accord à une déclaration commune de ne siéger que dans un gouvernement sioniste.
Un accord n'engage donc à aucune coalition. Il reste un indice, pas une garantie.
Date limite
La date limite tombe 11 jours avant le scrutin du 27 octobre, soit vendredi 16 octobre 2026, c'est-à-dire aujourd'hui en Israël.